CSR ! mise au point

Nous affirmons que les mots ont une grande importance. Les politiciens qui gouvernent notre commune et la communauté de communes le savent et en jouent. Une pratique que nous dénonçons depuis toujours. Les mots ont du poids.

Dans une récente session du Conseil de Montpellier-Métropole (16 juillet 2025) il a beaucoup été question de CSR. Encore un sigle (C’est l’abréviation de « combustible solide de récupération ») ! Il s’agissait de voter pour mettre en place un complément de l’unité de méthanisation « Ametyst » située à Montpellier-Garosud. Une usine, en réalité, utilisant la méthanisation appliquée à des déchets mélangés baptisés pour la circonstance « déchets résiduels ». La méthanisation des issues du tri mécano-biologique est, entre autres, un déchet secondaire, un compost infâme truffé de microparticules de verre et de plastiques, non conforme à la norme NFU 44051 et dont l’emploi en agriculture est déconseillé en attendant son interdiction en 2026. Ce compost est exporté loin de Montpellier où on le fait disparaître à grand frais. Il entre dans la catégorie des déchets non-recyclables. Avec d’autres déchets non-recyclables, il est rebaptisé CSR.

En 2023, les CSR sont là !

Nous avons déniché un site Internet et son article qui parle, en 2023, des CSR et des déchets non-recyclables. Le concept de CSR viendrait des entreprises des déchets qui cherchent « du combustible pour chaudières industrielles. Trés opportunément, Bruxelles vient d’autoriser la France à subventionner ce genre de projets de valorisation de déchets dont une partie alimente les cimenteries. L’Agence étatique, l’ADEME (Agence pour le développement et la maîtrise de l’énergie), a choisi de soutenir particulièrement les projets industriels, ceux très dépendants des énergies fossiles (charbon, gaz, …). L’emploi de CSR est devenu compétitif face au gaz.

Nomenclature

Nos déchetteries montpelliéraines (métropole) sont des centres de tri de déchets. On y accède avec un « Pass-agglo ». On y trouve de grands conteneurs destinés à recevoir :

  • Déchets verts ou « de jardin » (branches, tailles de buissons, feuilles, …)
  • Cartons et papiers
  • Métaux de toutes sortes
  • Matériel électronique obsolète
  • Déchets d’activité économiques (gravats, briques, moëllons, …)
  • Bois divers (mobiliers, étagères, agglomérés, …)
  • Encombrants (tout ce qui ne va pas ailleurs, sauf déchets de peintures et liquides inconnus.

Cette dernière catégorie avec les bois divers semble se diriger vers les incinérateurs. Ça brûle ! Il y a là des matériaux à haut-pouvoir calorifique (HPC). Nous avons vu il y a trois ans le déchargement d’une benne dans l’entonnoir de réception de l’incinérateur Ocréal (Lunel-Viel). On veut en faire du CSR, du combustible pour chaudières industrielles. Montpellier-Métropole y rajoute un site de combustion des composts de son usine de TMB. Ça brûle !

Caractéristiques

Le principe essentiel d’un CSR est qu’il doit avoir un haut-pouvoir calorifique (HPC). On doit déferrailler le tout-venant et éliminer des composés contenant du brome ou du chlore. La combustion de ces derniers engendre des dioxines, difficiles a éliminer des fumées rejetées.

Des réalisations ou des projets

L’article que nous citons mentionne (en 2023) quelques réalisations, cimenteries mises à part : une poignée de chaufferies dans l’Hexagone :

  • Une coopérative agricole en 2017 à Laval couplée avec un réseau de chaleur local
  • Une papeterie en Alsace
  • Scierie en Vendée
  • Une usine de gélatines dans le Tarn
  • Un projet de chaudière en Rhône-Alpes Auvergne (Domo Chemicals), dans la « vallée de la chimie » ( réalisation Vinci-Suez).

L’agence étatique de la transition écologiques attend 17 démarrages en 2024-2025. Le 16 juillet 2025, le Conseil de la métropole a voté la chaudière à CSR 11 rue Raymond Recouly à Montpellier (quartier Garosud). Démarrage prévu en 2026.

Quels débouchés à Montpellier ?

L’implantation d’une chaudière à CSR montpelliéraine viendrait en complément de la stratégie « Zéro déchet » en réduisant « la coûteuse et polluante exportation de nos déchets ainsi que la problématique de l’enfouissement des déchets ultimes ». Quels déchets ultimes ? S’agirait-il d’un incinérateur déguisé en chaudière inoffensive valorisant la chaleur de la combustion ? Le produit principal de cette chaudière, comme de toute chaudière, est de la chaleur, une énergie volatile. A stocker ? A utiliser immédiatement ?

Ces projets coûteux (plusieurs dizaines de millions d’euros) doivent fonctionnes en continu, pour être optimisés. Ceci ne les rend pas forcément adaptés au chauffage de logements (un débouché saisonnier). Que faire de la chaleur produite ?

Nous réfléchissons, les solutions existent. Nous en connaissons quelques unes.

Conclusion

Nous réfléchissons, les solutions existent. D’abord cesser d’alimenter l’usine à TMB « Ametyst » en déchets non-triés en généralisant les techniques de tri à la source et de réduction des déchets en volume et en poids. En instaurant également un tri plus efficace, plus sélectif du bac « Encombrants » des déchetteries. Il faut en extraire encore plus de ferrailles et de plastiques. Les plastiques sont recyclables et peuvent être traités pour redonner des hydrocarbures à l’industrie.

L’expression « chaudière à CSR » doit disparaître du vocabulaire. La combustion d’une matière combustible doit disparaître des techniques dites de valorisation énergétique. Une fausse bonne solution. Avec de la recherche, de la bonne volonté politique et du bon sens, tout se recycle quoi qu’en dise l’expression sémantique « en fonction des conditions techniques du moment ». Une expression sémantique néfaste. Les conditions techniques évoluent avec la Recherche.

Raymond GIMILIO
Président de l’ODAM
Docteur en Sciences biologiques, Ingénieur de recherches (ER) du CNRS

 

 




Industrie : Industrie pétrochimique et changement climatique

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Emblème de la chimie (LDD)

Par industrie pétrochimique il faut entendre toute l’industrie de transformation du combustible fossile, j’ai nommé le pétrole ou « huile de roche ». Il faut aussi y joindre l’industrie qui exploite encore les dérivés de la houille. Ce sont des hydrocarbures, composés principalement d’hydrogène et de carbone et dont le prototype est le méthane (CH4). Les raffineries produisent des carburants pour nos voitures et camions mais aussi pour les navires.

1         Les carburants

Ces derniers, selon leur vocation et leur tonnage, consomment une quantité de carburant, du fioul lourd, dans des moteurs diesels. Nous citons une enquête sur le site « Le Temps » sur un cas de fioul lourdement pollué. Ce n’est pas la seule accusation. Entre autres, les paquebots géants de croisières. Le site « Reporterre » est éloquent sur le sujet.. A côté des pollutions engendrées par les déchets liquides et solides de ces villes flottantes, il faut noter que les consommations journalières de ces géants des mers s’expriment en tonnes/jour. A tel point que Reporterre affirme « Les paquebots géants sont une source géante de pollution marine ». Un autre site « Ouest-France » affirme que « Un paquebot à quai pollue comme un million de voitures » ! Le plus souvent, ces navires sont en haute-mer, dans les eaux internationales, là où aucune souveraineté nationale va venir contester cette pollution. « L’association France Nature Environnement (FNE) a mesuré qu’un paquebot à l’arrêt polluait autant qu’un million de voitures, en termes d’émission de particules fines et de dioxyde d’azote. » Edifiant non ? Ces fiouls n’ont rien à voir avec ceux que brûlent nos voitures.

Combien y-a-t-il de ces géants des mers ? Et que dire de ces porte-conteneurs géants qui abreuvent nos pays européens de produits produits à bas prix. Le site de « L’Usine Nouvelle » lève un coin du voile sur le porte-conteneurs géants « Bougainville ». Le site d’ « Europe 1 » nous donne des informations sur le porte-conteneur géant « Jules-Verne » : « Poste sous contrôle, le carburant. Le super-porte-conteneurs brûle 120 tonnes de fuel par jour. Pour son propriétaire, la facture s’élève chaque année à 4 milliards de dollars. » !

Une affaire pour l’industrie pétrolière du raffinage du pétrole. On vend du fioul lourd en quantité ! Et on pollue allègrement. soufre, CO2, Nox, etc.

2         Les pesticides et engrais

Pesticides en engrais chimiques sont des produits d’une industrie prospère. Ces produits ont permis d’améliorer considérablement la production agricole mondiale mais, voila, il y a un hic : on a abusé !

2.1      Les engrais

L’emploi des engrais chimiques conduit à des abus qui détruisent les sols en les rendant compacts puis pulvérulents. La capacité d’adsorption et d’absorption du complexe adsorbant (humus et argiles) a des limites. Le surplus d’engrais est entraîné vers les eaux de surface et/ou profondes. Les taux de nitrates augmentent et rendent les nappes phréatiques impropre à fournir de l’eau potable ! Trop d’engrais, oui mais l’industrie est satisfaite de son niveau de ventes.

2.2      Les pesticides

La polémique enfle sur le glyphosate. Le site « Le Point » nous donne une vue claire sur l’état de la situation. Notamment sur son action sur l’espèce humaine : « Comme toutes les études de toxicité des produits chimiques, la toxicité des glyphosates sur l’homme a fait l’objet de peu d’études, comparativement à celles menées sur les animaux ; c’est principalement imputable aux difficultés techniques et éthiques, sans compter bien sûr les contraintes d’ordre financier et commercial. Même si de nombreuses études ont souvent démontré que les adjuvants utilisés – notamment le polyoxyéthylène-amine ou POEA – sont beaucoup plus nocifs que le principe actif des glyphosates, il n’en demeure pas moins que cette catégorie de pesticides représente un danger pour l’environnement et la santé humaine. ». Que faut-il de plus ?

Je témoigne personnellement, ayant été touché par un deuil familial. Ma défunte belle-sœur, il y a 10 ans maintenant, travaillait comme femme de ménage. Son employeuse à Frontignan (Hérault) était fière de ses rosiers régulièrement desherbés au « Roundup ». Sa patronne lui faisait manipuler le glyphosate sans précautions particulières. Ma belle-sœur a dû cesser de travailler, sa retraite a été courte et elle est décédée d’un cancer du sang. Ce n’est que récemment que mon neveu m’a révêlé que sa maman manipulait ce genre de produit chez la patronne ! Un produit en vente libre au supermarché voisin. Comme scientifique et écologue, j’ai enfin eu la confirmation de ce que je soupçonnais. Je me suis inscrit en contre dans la pétition ! Et vous ?Bien sur on nous objecte : quelles preuves avez-vous ?

Raymond Gimilio
Président de l’ODAM
Docteur et Sciences biologiques, Ecologue

Raymond GIMILIO
Président de l’ODAM
Ancien chef de la Mission des Systèmes d’information du SRETIE du Ministère de l’Environnement
Ancien chargé de Mission auprés du Directeur de la Nature et des Paysages du Mnistère