Ni TMB-CSR ni chaudière-incinérateur

Introduction

Le groupe SUEZ Environnement va cesser le 31 décembre 2025 de gérer l’usine de tri mécanobiologique de Montpellier-Métropole (TMB-3M) baptisée « Amétyst ». Après 17 années de gestion par la filiale SUEZ RV Énergie. La décision a été prise le mercredi 16 juillet 2025 au cours d’une réunion du Conseil de la Métropole. Nous avons lu le compte-rendu fait par M. Cédric Nithard (25 juillet 2025 sur le site de actu.fr « Grand format »), sous le titre « Métropole de Montpellier : Ametyst passe de Suez à Urbaser et file vers le CSR ».

Le CR montre (p. 3/23) une hoto des salariés d’Ametyst devant les locaux du conseil de Métropole (© CN / Métropolitain) traitant Ametyst « d’usine au rabais » ? Dés le début à l’ODAM, nous avons dénoncé cette création comme dévoyée du modèle suisse qu’on nous faisait miroiter.

L’Observatoire des déchets a été parrainé par la défunte Association des Contribuables de l’Hérault (ACH34). Sa présidente, la combattante feu Madame Martine Petitout (V) avait flairé une grosse arnaque cachée derrière une prétendue réalisation écologique. Il y a eu un bel enfumage des écologistes « peau de lapin » (Roumegas et Stamm) alliés de circonstance de feu Georges Frèche. Georges (Jordi Freixh en occitan) s’était vanté de nous avoir évité l’installation d’un incinérateur d’ordures ménagères en le remplaçant par une unité de méthanisation, « en ville », quartier de Garosud.

Cette usine nous a coûté cher, très cher. Ce n’est pas au rabais pour les financements, très gros financements, réalisation calamiteuse. Rappelons ici que l’unité de méthanisation Ametyst a été qualifiée par les très sérieuses Cours des comptes (nationale et régionale) comme « un fiasco économique et technique ».

Le projet Ametyst a démarré en 2002 pour un montant de 63 millions d’€uros. Un an après 2007 et 67 millions d’€uros, l’usine était livrée par Vinci-Environnement mais il a fallu attendre plus de 5 ans et atteindre 130 millions d’€uros (150 M€ selon certains) pour réceptionner ce que les Cours des comptes (nationale et régionale) ont qualifié de fiasco ! Mesdames et Messieurs les salariés d’Amétyst, vous travaillez dans un joyau qui nous a coûté la peau du c… (on dit les fesses pour être poli) !

Les successeurs de Jordi ont bataillé mais il nous a fallu batailler contre l’enfouissement (PIGE de décharge à Fabrègues, décharge de Castries, …). On a dû payer cher, très cher ! Les cendres de notre défunte et incinérée marraine Martine Petitout doivent faire des bonds indignés dans les vaguelettes de la baie de Portofino où elles ont été répandues pour résider éternellement !

Notre doctrine n’a pas changé, commune à plusieurs autres associations.

Rappel de notre doctrine ODAM

Un déchet est une richesse à valoriser. Pour nous, l’enfouissement est proscrit, l’incinération dénoncée comme source de pollution cachée.

Zéro déchet, zéro gaspillage

Zéro déchet est un objectif qui est toujours d’actualité à l’ODAM. Nous avons toujours le même paradigme concernant le traitement des déchets ménagers : nous sommes résolument pour l’objectif zéro déchet par le tri à la source pour séparer :

  • Le biodéchet ou fraction fermentescible des déchets ménagers (FFDM ou FFOM) avec l’abandon de l’appellation « ordure » ou « déchet ».
  • Le reste ou fraction inerte des déchets ménagers (FNFDM ou FNFOM).

Zéro gaspillage

Pour nous, il n’y a pas de déchets résiduels mais le résultat d’un processus attribué à tort à l’incivisme manifeste de mauvais citoyens qui ne veulent pas comprendre l’intérêt du tri. Ce sont plutôt des personnes à qui on n’a pas enseigné correctement les bonnes pratiques. Il s’agit d’un manque total de volonté politiques des pouvoirs publics en place (communes ou communautés de communes). Le temps où on accusait les citoyens, montrés du doigt du fait de leur origine ethnique ou sociale, semble révolu. On les accusait d’être sales et de ne rien faire pour trier.

Le résultat du tri appelé à tort « sélectif » n’est pas un résidu mais une ou plusieurs matières premières à recycler, à réutiliser, à réduire (régle des 3R).. C’est essentiellement du verre, des métaux, des emballages en plastique non souillés par le contact polluant des biodéchets. Lorsque ces derniers fermentent, ils polluent et salissent tout ce qui est au contact, rendant impossible l’application de la règle des 3 R. Le tri à la source évite de construire ou de maintenir en fonctionnement des unités de TMB. Celles-ci fabriquent un compost-déchet bourré de microparticules de verre et de plastiques. C’est ce résidu-là, baptisé CSR, qu’on veut brûler, incinérer, pour chauffer des chaudières à CSR. C’est une telle installation qu’on veut nous mettre en service à Montpellier, attenante à l’unité TMB « Ametyst », dans le quartier de Garosud. Il faut trier à la source et éviter de fabriquer du CSR.

Comment forcer à trier

Le geste citoyen du tri à la source ne suffit pas ! Comme n’a pas suffi la pantomine des « ambassadeusr du tri » envoyés sans formation nous expliquer l’usage des bio-seaux et des pouelles à couvercle orange. Nous l’avons senti passer l’augmentation de la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), une des plus chères de France.

Hélas, nous avons pu constater par ailleurs que la responsabilisation du citoyen passe par des mesures contraignantes et financières. Il faut en finir avec la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères calculée forfaitairement sur une donnée purement fiscale appelée « valeur locative » du logement. Elle ne responsabilise rien ni personne. La seule mesure incitative est la mesure (métrologie) du rejet par une puce embarquée dans les emballages de déchets identifiant le producteur du déchet résiduel non trié et une redevance au poids-volume de la poubelle ainsi déposée. Le véhicule de collecte est équipé d’un lecteur qui identifie le rejet et son producteur qui est alors taxé équitablement. On ne taxe plus selon un barème forfaitaire mais bien au poids-volume de produit non trié. C’est efficace ! On peut compléter avec une redevance sur le nombre de rejets (journaliers, hebdomadaires, …). Et on verra avec la pesée embarquée diminuer l’alimentation de l’usine de TMB et sa production de CSR s’étrangler jusqu’à diminuer.

Le recueil et la collecte des biodéchets nécessite l’emploi de conteneurs spéciaux, les compostainers initialement produits pas Schäffer dont on nous a affirmés « ils ne marchent pas ». Nous avons donné la preuve contraire.

Ce n’est pas de la science absconse et incompréhensible mais du bon sens et de l’observation de ce qui se fait ailleurs.

Il faut une volonté politique forte. Qui appliquera les préconisations de Monsieur René Revol de faire de Montpellier un sosie de la ville de Parme, de San-Francisco ou de la Suisse ?

Le traitement de la FFOM-biodéchets

Deux alternatives sont à considérer. Le compostage des biodéchets ou la méthanisation des biodéchets. Ces deux modes de traitement aboutissent au même résultat : la production d’un compost noble, propre, sans microparticules nocives (verre, plastiques, métaux. …). Il y a eu un commencement de réalisation avec distribution de composteurs pour maisons individuelles, dans des quartiers (square du Père Bonnet à Figuerolles), dans des copropriétés à jardins (Estanove), etc. Ces réalisations ont été « encouragées » du bout des lèvres, elles privent le TMB Ametyst de son alimentation en biodéchets. On freine. Qui lèvera le pied du frein ?

Notre écologie

À l’ODAM, notre écologie repose sur le bon sens des membres compagnons de route dont certains ne sont plus là. J’ai trop souvent fait état de mon doctorat (1971) et de mes 16 années de détachement auprès du Ministère de l’Environnement (Paris). Cette écologie-là a été nourrie par de nombreux contacts professionnels en France et dans le monde (San-Francisco-USA, …), par les livres de René Moletta (INRAE) et ceux de Dany Dietmann (Professeur de Sciences de la vie et de la Terre, Maire de Manspach, communauté de communes des Porte d’Alsace). Il m’écrivait en dédicace de son livre « Déchets ménagers : Le jardin des impostures » (L’Harmattan, 20025) « L’avenir progresse, là où l’intelligence est respectée. Ce n’est pas le cas de l’incinération ».

Nous nous sommes enrichi sur le sujet par nos réunions dans l’Hérault du Collectif InterAssociatif de l’Hérault (récemment dissous, hélas).

Le tri mécanobiologique (TMB) qui se pratique à Montpellier (Ametyst) est une imposture et son constructeur initial un imposteur. La cour des comptes l’a bien compris mais c’est un bouledogue muselé, un tigre sans griffes. Ses avis sont rarement suivis d’effet et tombent à plat dans l’infifférence générale.

Usine à produire du combustible

Nous sommes en présence d’un monstre ! En février 1917, l’association ZW France (Zero Waste) publiait trois dossiers sur les usines à TMB ainsi qu’un petit livre vert « Zéro déchet. Zéro gaspillage » (2014).

Quesaco TMB ? C’est plus très exactement le tri mécano-biologique. Là réside une grosse arnaque intellectuelle : prétendre séparer mécaniquement les biodéchets et les déchets inertes mélangés, à la source) au sein des poubelles grises de ménages. Ametyst est une usine de tri mécano-biologique avec ses BRS (bioréacteurs-stabilisateurs), ses trommels (tambours), ses tables vibrantes et ses méthaniseurs suisses ! (Kompogas AG : c’est de la mécanique helvètique nous affirmait-on la bouche en coeur !). Une mécanique très coûteuse ! Ce genre d’usine a été décrié avec des performances médiocres, incapables d’extraire efficacement les déchets recyclables des poubelles, hormis les métaux (ferreux et non-ferreux). Le compost sortant de ces unités-usines est d’une qualité largement décriée au regard de la norme NFU 44051 d’application obligatoire mais appliquée avec laxisme. ZW, après des années d’alerte (nous faisons partie de ces lanceurs d’alertes) a relevé la nécessité de renforcer cette norme (conclusion des état généraux de l’alimentation).

C’est ce compost bourré de microparticules de verre et de plastiques qui a été déversé dans nos vignes et nos plantations, disait M. René Revol. On en a enfoui et incinéré (Lunel-Viel Ocréal, Calces-P.O., Castries, …) loin de Montpellier. Qu’en faire de ce déchet secondaire ? On va le « valoriser » en le renommant « COMBUSTIBLE SOLIDE DE RÉCUPÉRATION ». On a inventé le concept de « CHAUDIÈRE À CSR » ! Pour chauffer une chaudière, il faut brûler un combustible. On en a trouvé un : le CSR. Faire brûler du CSR ou incinérer du CSR ? Où est la différence ? Par un jeu subtil de mots, on déguise un incinérateur en chaudière ! Le tour de passe-passe sémantique est joué ! Le CSR est néanmoins et sémantiquement un déchet produit par le TMB et qu’on va brûler.

Les oppositions du 16 juillet 2025

A part les manifestations de salariés inquiets d’un changement d’employeur, nous avons lu avec intérêt les échanges, rapportés par la presse et en particulier par « Actu.fr Métropolitain ». Ils ont été très animés. Nous laissons à nos lecteurs le soin de les lire et d’en tirer leur substance

Relevons une erreur : on ne va pas « transformer » Ametyst en chaudière à CSR, on va lui ajouter une installation à brûler les CSR. Combinée, c’est juré-promis avec une implémentation sérieuse de la politique-stratégie « Zéro déchets ».

On nous avait pourtant, sans rire, affirmé que le zéro-déchets était impossible ! Qui disait cela ? Devinez ? Ceux qui nous ont conduit au fiasco actuel (nous ne les nommerons pas). Merci Monsieur René Revol (maire LFI de Grabels, vice-Président délégué à la gestion raisonnée, écologique et solidaire de l’eau et de l’assainissement et à la collecte, tri, valorisation des déchets et de la politique zéro déchet : ouf ! une sacrée casquette) d’avoir reconnu « une situation catastrophique à Montpellier » et reconnu que « les décennies passées ont été un véritable fiasco en matière de gestion des déchets ». Merci d’avoir développé « l’importance de la réduire les déchets à la source, du tri e du recyclage ». À l’ODAM (et au CIDES34), il y a 15 ans (et plus : 50 ans ?) que nous affirmons tout ce que vous préconisez maintenant. Vous avez changé de paradigme ! Vous avez repris ce que nos arguments puisés à la source de l’Écologie scientifique, la vraie, l’inimitable, celle dont j’ai reçu de mes maîtres en 1967-1971 à l’Université des Sciences et Techniques du Languedoc (Montpellier). Pas la fausse écologie politique et politicienne des « écolos peau de lapin » qui nous ont collé « Amétyst ». À l’ODAM, notre écologie repose sur le bon sens de mes compagnons de route dont une partie n’est plus de ce monde. J’ai toujours mis en avant mon doctorat (1971), mes maîtres et mes collègues. Cette écologie-là a été nourrie par de nombreux contacts professionnels en France et dans le monde (San-Francisco-USA, …), par les livres de René Moletta (INRAE) et ceux de Dany Dietmann (Professeur de SVT, Maire de Manspach, communauté de communes des Porte d’Alsace). Il m’écrivait en dédicace de son livre « Déchets ménagers : Le jardin des impostures » (L’Harmattan, 20025) « L’avenir progresse, là où l’intelligence est respectée. Ce n’est pas le cas de l’incinération ».

Est-ce l’approche des élections municipales en 2026 qui a provoqué cette avalanche de bonnes résolutions ? Pour amener à caresser dans le sens du poil ceux qui se sont mobilisés pour le presque Zéro déchet dans des quartiers populaires ? Les graines que nous avons semées sont-elles en train de lever ? Nous serons heureux que les familles citées à La Mosson amplifient leur mobilisation sur le Zéro déchet et continuent d’améliorer leur action au sein des habitats sociaux. Dans cette tirade de René Revol, y-aurait-il un coup de flatterie, de la flagornerie électoraliste, en vue des élections municipales prochaines ? Nous, à l’ODAM, ne faisons pas de politicaille. Nous avons lu récemment que, en 2024, le taux de prélèvement de la TEOM avait grimpé à 14,62% soit une augmentation de 2,27 points. Pourquoi une telle grimpette ? A quoi sert cette taxe ?

Conclusion

Une chaudière à CSR : une fausse bonne solution ! Nous sommes dans une situation où « LA PUISSANCE PUBLIQUE » nous a imposé une belle imposture. Comme l’écrivait Dany Dietmann, un jardin d’impostures a bien été cultivé et engraissé par la complaisance, l’ignorance, la complicité de ceux qui se sont succédés depuis plus de 50 ans (communes, district, agglo, métropole, …). Il y a eu un déni de ce que la jeune science écologique nous enseignait, contre les affirmations erronées de certains techniciens et industriels avides de nous pigeonner et de faire de nous des cobayes !

Raymond GIMILIO
Président de l’ODAM

 




Les chaudières à CSR, notre point de vue

Objectif : démontrer qu’on qualifie à tort une chaudière à CSR d’instrument de valorisation énergétique afin de cacher le terme « incinérateur à CSR ». Une activité appelée à disparaître avec le tri à la source et l’énergie solaire.

Introduction

La transition énergétique et la gestion durable des déchets sont aujourd’hui au cœur des préoccupations environnementales. Dans ce contexte, la chaudière à CSR (Combustible Solide de Récupération) s’imposerait comme une solution prétendue innovante pour valoriser les déchets non recyclables et produire de l’énergie sous forme de chaleur ou d’électricité. Produire des CSR et les brûler est l’aveu du terrible échec de la politique « Zéro déchets » dont un élément fondamental est le tri à la source (désigné à tort par le pléonasme tri sélectif, un tri est, par nature, une opération de sélection). Le concept de CSR est intimement lié à celui de tri mécano-biologique et la négation de l’acte citoyen de tri à la source.

Tri mécano-biologique vs tri à la source

Les partisans du tri mécano-biologique (TMB) mettent en avant les vertus d’un ensemble de machines (BRS, filtres à tambours rotatifs et tables vibrantes, …) pour séparer les composants de déchets mélangés dans une usine. L’exemple typique est l’unité de méthanisation « Ametyst » réalisée à Montpellier (quartier de Garosud, 11 rue Raymond Recouly – mise en service en 2008) par la Société Vinci. Une « unité » (pas une usine ! selon ses promoteurs). Cette usine prétend séparer la fraction fermentescible des ordures mélangées (poubelle dite grise, en réalité noire) du reste. La collecte est faite en réalité d’ordures mélangées (ordures dites résiduelles), le tri à la source des biodéchets (dans les poubelles orange ou les sacs plastiques orange) ne fonctionne que très partiellement ou plus du tout.

Le tri à la source doit éviter de mettre en contact des déchets recyclables (boites de conserve métalliques, bocaux en verre ou en plastique, sacs en plastiques, emballages de toute sortes, …). Il faut leur éviter la souillure engendrée par le contact avec les biodéchets en fermentation. En effet, les biodéchets (ou fraction fermentescible des déchets ménagers) commencent très rapidement à se décomposer dans le conteneur séparé engendrant des odeurs insupportables et des lixiviats de décomposition, liquides très acides, dans des conteneurs non adaptés. Lla couleur orange est le seul mérite ! Nous verrons plus loin ce qu’est un compostainer. Que faire des biodéchets triés à la source ? Au plan scientifique comme économique la méthanisation ou le compostage sont les deux traitements adéquats et vraiment écologiques scientifiquement parlant.

Compostage vs méthanisation

Compostage

Le traitement par compostage consiste à laisser les biodéchets se décomposer (se dégrader) en tas largement aérés auxquels on a ajouté un produit structurant, du bois raméal fragmenté ou du bois broyé. En présence de l’oxygène de l’air, ce mélange biodéchets-bois broyé (biodéchet-S) se décompose en produisant du gaz carbonique. Les tas sont remués périodiquement, retournés. C’est ce traitement qui est appliqué à la station ou plateforme de compostage d’Aspiran crée en 2002 (Syndicat du Centre-Hérault, route de Sète, Hérault). Le compost obtenu est un produit très recherché localement par les agriculteurs-viticulteurs pour amender et structurer des sols pauvres en matière organique. Il est vendu. Qu’en est-il de la méthanisation ?

Méthanisation

Le mélange biodéchets-bois broyé (BBB) est introduit dans des enceintes fermées désignés comme digesteurs ou méthaniseurs. Le mélange bio-déchets-structurants va fermenter en l’absence d’oxygène produisant un bio-gaz composé à 40% de gaz carbonique et 60% de méthane (un hydrocarbure simple). Le digestat obtenu est dirigé vers des stalles fermées à ventilation forcée d’air où il est périodiquement retourné. Il se transforme en compost. C’est ce qui a été construit à Barcelone (Ecoparque III) ou en Ile-de-France (Etampes, …). Soulignons l’existence de Varennes-Jarcy (SIVOM d’Yerres et des Sénarts), ancienne plateforme de compostage de déchets résiduels d’une capacité de 100.000 tonnes aux horizons 2010/2020. La méthanisation ne s’applique pas qu’aux biodéchets des ménages. Elle concerne le domaine agricole avec les lisiers d’élevage et les déchets de biomasse, les stations d’épuration avec les boues urbaines, déchets de la restauration, déchets industriels banaux, … Les digestats compostés donnent un excellent amendement agricole.

Le cas des digestats issus du tri mécano-biologique nécessite des digesteurs à brassage mécanique par palettes (Kompogas, fabrication suisse très onéreuse). En effet, malgré les filtres très fins, les digesteurs à brassage par réinjection du biogaz (type Valorga) se bouchent avec les particules de plastiques non-éliminées par le TMB. Le compost de ces digestats est un déchet inutilisable en agriculture. Il faut s’en débarrasser. Comment ? L’idée a germé de le conditionner pour en faire du CSR et chauffer des chaudières. On fait brûler, on incinère les CSR,. Il est établi par ailleurs que le rendement en biogaz d’un digestat de TMB est inférieur à celui du digestat de biodéchets issus du tri à la source.

Perspectives et conclusions

L’interdiction gouvernementale de l’emploi des sacs en plastique a fait chuter la présence de ce matériau dans les déchets en général et notamment dans les déchets ménagers. Le développement du tri à la source, du compostage en habitat individuel, en pied d’immeuble, en quartier, devrait diminuer, à terme, la production de CSR et la fermeture d’usines de TMB-méthanisation, donc la production de CSR. La volonté politique doit s’exercer pour mettre en place une véritable politique du zéro déchet par le tri à la source permettant le recyclage, la réparation, la réutilisation et le réemploi. Oui, nous sommes persuadés que c’est possible, il suffit de le vouloir et non pas d’affirmer que c’est impossible. Il suffit également de trouver et mettre en place une alternative à combustion des CSR en hydrocarbures (cela se fait ailleurs dans le monde). Quand on n’a pas de pétrole, …, !!! on a des idées.

Pour chauffer de l’eau, il y a d’autre solutions que de brûler de précieux combustibles (gaz, houille, biomasse, CSR, …). Nous disposons dans le sud de la France d’une source inépuisable d’énergie : le soleil et son bombardement et rayonnement calorifique. Les solutions existent, comme le disait Saint-Exupéry « Il y a des forces en marche. Il faut les créer et les solutions suivent. ». À l’ODAM, nous appuyons nos forces sur des raisonnements scientifiques, non sur des idéologies pseudo-écologiques « en peau de lapin » ! Nous ne faisons pas des miroirs aux alouettes pour gagner un électorat.

L’enseignement de l’écologie reçu à Montpellier en 1967-68 apprenait « la vérité terrain », une vérité appuyée sur des faits, non sur une idéologie plus ou moins fumeuse.




On nous enfume avec la chaudière à CSR

Des vessies pour des lanternes

Une décharge à ciel ouvert
Une décharge à ciel ouvert

Montpellier-Métropole soumet ce mardi 2 avril 2024 son projet controversé de chaudière à CSR à établir sur le site d’Amétyst (unité de méthanisation). Nous signalons que ce projet funeste de Monsieur Michaël Delafosse, Président de MMM et Maire de Montpellier est habillé et paré de tous les mérites que d’habiles industriels font miroiter dans son entourage de Maire-Président. Il s’agit de rhabiller avec des terminologies nouvelles le vulgaire incinérateur d’ordures ménagères que feu Georges Frèche voulait implanter dans la quartier de Garosud, en 2003. Les écolos de l’époque avaient réussi à le persuader d’implanter une unité de méthanisation. Ce projet, à l’époque, prévoyait le tri à la source des déchets. Il a été dévoyé en usine de tri-mécanobiologique (TMB) où les idustriels prétendaient remplacer la main du citoyen-citoyenne-trieur-trieuse par un ensemble mécanique. Il ont fabriqué une usine méthanisant un mélange de résidus de plastiques et de diverses cochonneries bonne à être incinérées, mélange baptisé CSR ou combustible solide de récupération. Il est vrai que le geste citoyen du tri ne rapporte rien aux industriels !

EELV contre les CSR

On a trop vite oublié que Monsieur le Maire-Président est un « bébé-Frèche », un maître dans l’art de jouer sur les mots, de nous faire passer des vessies pour des lanternes, élevé et formé au sérail de feu Georges Fréche, dans l’art d’enfumer ses interlocuteurs, notamment les écologistes. Il a été élu sur un programme écologiste, M. François Vasquez s’est fait empailler avec ses ami(e)s qui l’ont soutenu. Avant lui d’autres se sont fait prendre aux piège des belles paroles et se sont fait manger la laine sur le dos. Nous aussi avons cru à l’arrêt du bétonnage de Montpellier et de sa métropole. Jamais il n’y a eu autant de béton qui a coulé sur les friches urbaines de notre bonne ville de Montpellier.Cest de l’écoblanchiment, de l’enfumage, de l’esbrouffe. Une escroquerie intellectuelle. Dommage ! 

L’esbrouffe de la chaudière à CSR de 3M

Le vrai bilan de l’incinérateur selon Dany Dietmann

Au lieu de poursuivre le programme de tri-séparation à la source des biodéchets en vue de leur méthanisation et compostage, Monsieur le Maire-Président a écouté les Sirènes des industriels lui présentant un vulgaire incinérateur à ordures ménagères comme une inoffensive chaudière brûlant du CSR. On joue sur les mots ! On change de vocabulaire, comme on a rebaptisé unite de méthanisation une usine à tri mécanobiologique laquells nous a coûté la peau du dos et des fesses réunies. Peuh ! Une pincée de millions d’euros ! On va en rajouter davantage pour une chaudière-incinérateur de CSR, installations dont nous connaissons les nuisances graves pour la santé ! On joue sur les mots et on fait passer le suppositoire ! Sans enquête d’utilité publique comme le voudrait la loi ? Nous exigeons une EUP !

Nous ne nous laisserons pas faire : soutenons le tri à la source, la collecte séparative des biodéchets, la méthanisation et le compostage des biodéchets provenant du tri à la source avec comme ccorollaire  l’interdiction de production des CSR et de leur incinération.

Un projet d’incinérateur a déjà été combattu dans le passé, il resurgit sous un autre nom ! Jouer sur les mots est une longue habitude chez MMM. Après la dévastation-éventration des rues, boulevards et avenues de Montpellier au prétexte de faciliter la VELO(rution) avec les pistes cyclables sans ou peu de cyclistes, les voies de circulation thrombosées, voila l’incinérateur en milieu urbain qui refait surface à Montpellier-la-Surdouée, baptisé chaudière à CSR !

Raymond GIMILIO
Président de l’Observatoire Déchets-Environnement-Santé (ODAM)




Zéro déchet v:s CSR

Nous reproduisons un estrait d’un mail reçu de nos amis des Riverains de Garosud.


Alerte écocide !

Une délibération concernant la construction d’une filière CSR avec une chaudière à plastiques en milieu urbain [quartier Garosud]. Cette délibération sera soumise au vote du prochain Conseil de Métropole.

Cette option est antinimique avec la stratégie Zéro Déchet [prévention des déchets, tri à la source, collecte séparative et méthanisation des biodéchets]. Rappelons que cette option a été amenée par les écologistes aux dernières élections municipales, soudant un accord d’entre deux tours avec la majorité socialiste et votée à l’unanimité en Conseil de métropole en mars 2022.
Cette décision du Maire-Président Michaël Delafosse est une atteinte à la justice sociale et environnementale car un large bassin de vie sera concerné par cette filière anachronique aux conséquences finacières et environnementales gravissimes.

A vos agendas

Vous êtes invités :

  • mercredi 6 mars 2024, 19h au Carroussel, 9 cours Gambetta (Montpellier),
  • jeudi 7 mars 2024, 18h, Espace Jean Penso, Place Max Leenhardt (Clapiers),
  • mardi 12 mars 2024, 19h, La Carmagnole, 10 rue Haguenot (Montpelier)

A bientôt, Adèle Blancsec




De faux écologistes au Conseil de la Métropole


Une décharge à ciel ouvert
Une décharge à ciel ouvert

Avec vos vélos pour mettre Montpellier dans une belle chienlit, vous oubliez que la vraie écologie est une science avec ses lois. Vous seriez des écolos en peau de lapin. Vous voulez incinérer du CSR !?, c.a.d du plastique souillé converti en combustible ? Alors qu’il est si simple de trier les déchets à la source et éviter le tri mécano biologique en usine. L’usine Amétyst nous a coûté cher, elle nous coûte encore cher et on veut la reconvertir en chaudière à CSR, en un mot brûler des CSR pour les valoriser en chaleur en oubliant, à courte vue, que la prévention des déchets nous permettrait de ne pas brûler ce qui est finalement du plastique.

Le mot plastique, en langage courant, désigne « Une matière plastique, un polymère généralement mélangé à des additifs, colorants, charges (miscibles ou non dans la matrice polymère) ». Il en existe une large gamme ; moulés par injections, extrudés, étiré en film, généralement façonné à chaud et sous pression, pour aboutir à un semi-produit ou à un objet, y compris fils et fibres (tissus), mastics, revêtements, etc. Il est utilisé dans presque tous les secteurs d’activité. Certains ont des propriétés jamais auparavant réunies, par exemple la transparence et la résistance aux chocs. Ceux qui se retrouvent le plus souvent dans les déchets ménagers sont des films ayant servi à confectionner des emballages. Dans les usines de tri mécano biologique (TMB) comme Ametyst (usine de Montpellier appelée encore, à tort, unité de méthanisation), le résultat du traitement génère bien du méthane mais aussi une sorte de compost inutilisable autrement que comme combustible solide de récupération (CSR) ou combustible solide de recyclage ou combustible dérivé de déchets (CDD).

Que dit la loi ?

Le décret du 19 mai 2016 définit le combustible solide de récupération (CSR), notion introduite dans le code de l’environnement (article R.541-8-1) comme suit :

« Art. R. 541-8-1. – Un combustible solide de récupération est un déchet non dangereux solide, composé de déchets qui ont été triés de manière à en extraire la fraction valorisable sous forme de matière dans les conditions technico-économiques du moment, préparé pour être utilisé comme combustible dans une installation relevant de la rubrique 2971 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement. Reste un combustible solide de récupération, celui auquel sont associés des combustibles autorisés au B de la rubrique 2910 »

L’article R. 541-8-1 précise aussi qu’un arrêté du ministre chargé de l’environnement fixera :

  • « les caractéristiques de ces combustibles » ;
  • « la liste des installations où ils peuvent être préparés » ;
  • « les obligations auxquelles les exploitants de ces dernières installations sont soumis en vue de garantir la conformité des combustibles préparés à ces caractéristiques. »

En complément, une nouvelle rubrique (rubrique 2971) est créée dans la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement, spécialement pour les installations « de production de chaleur ou d’électricité à partir de déchets non dangereux préparés sous forme de combustibles solides de récupération dans une installation prévue à cet effet, associés ou non à un autre combustible » (installations soumises au régime de l’autorisation).

A rapprocher de l’article L 541-1 du Code de l’Environnement :

Selon l’article L 541-1 du Code de l’Environnement, le déchet ultime est défini comme un déchet, résultant ou non du traitement d’un déchet, qui n’est plus susceptible d’être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux.

On retrouve la formule « dans les conditions techniques et économiques du moment » laquelle fait, des deux articles cités, des articles accordéons, des articles à géométrie variable permettant à ceux qui doivent les appliquer de faire ce que bon leur semble. Nous avons connu cette situation quand nous avons attaqué les déchets dits ultimes mis en décharge dans la métropole de Montpellier. Au nom de ce principe élastique, nous nous sommes trouvés confrontés aux autorités locales : on incinérait pour éviter le tri des déchets à la source. Mainteant, on voudrait incinérer le résultat du tri mécano biologique déclinant, le CSR, pour valoriser sous forme de chaleur des hydrocarbures fossiles qui auraient dû faire l’objet d’une collecte séparative des biodéchets et des plastiques. Ces plastiques qu’on veut brûler, incinérer, au lieu d’en refaire du pétrole ! Pas économique ? il serait si simple de faire du feu, d’incinérer, sans tenir compte de tout ce qui a été constaté comme nuisances des incinérateurs ! Il faut lire les dernières actualités !

Alors, debout les écologistes, les vrais, ceux qui connaissent les lois de la thermodynamique dans les écosystèmes, tous derrière notre ami François Vasquez, lisez l’Agglorieuse, en soutien à la vraie filière de traitement des déchets, celle du tri à la source, celle de la collecte sélective, séparative, écologique. Qui est derrière l’incinérateur à CSR ? Qui est celui qui savonne la planche à notre ami François ? Qui conseille cette funeste filière d’incinération pour chauffer une chaudière à CSR ? Il y aurait dans l’entourage de notre maire-Président un (ou plusieurs) écolos en peau de lapin (un pseudo-écolo ?) que nous ne nommerons pas. Nous l’avons rencontré et démasqué ! Nous ne le nommerons pas, lui et sa fine équipe. Nous l’avons à l’oeuil.

Raymond GIMILIO
Président de l’ODAM
Docteur en sciences biologiques mention Écologie
Ancien chargé d’études HN au Ministère (1980-1996)




CONSULTATION DU PUBLIC : INCINERATEUR

Conspiration du silence ?

Etrange est la présente « consultation du public » . La préfecture peut-elle prétendre qu’elle « consulte le public » alors qu’elle ne donne aucune publicité à ladite consultation ? Une enquête publique est toujours annoncée dans divers organes de presse.  Ce n’est pas le cas de la présente consultation sur l’incinérateur biterrois.  Pour comble, le quotidien Midi Libre, sollicité par nos soins, a jusqu’au 12 janvier négligé d’informer ses lecteurs qu’ils sont « consultés » par la préfecture sur un problème qui concerne leur santé. Est-ce une conspiration du silence pour éviter  que la population soit alertée et donne son avis  sur l’incinération des déchets ?

La directive-cadre européenne N° 2008/98/C.E.

Rappelons que cette directive, apparemment inconnue de la préfecture et de la MRAE (Mission régionale d’autorité environnementale), classe les divers traitements de déchets par ordre de préférence. Cette directive préconise  la prévention, le réemploi et le recyclage. Elle déconseille incinération et mise en décharge. Une T.G.A.P. (taxe générale sur les activités polluantes) est prélevée par le fisc sur incinérateurs et décharges. L’Etat reconnaît ainsi officiellement que ces 2 pratiques sont polluantes. La fonction de la T.G.A.P.  est de s’alourdir au fil des ans jusqu’à devenir financièrement insupportable afin d’abolir progressivement ces 2 mauvaises pratiques.

La préfecture de l’Hérault, sans choquer la MRAe, autorise  à Béziers un incinérateur de boues et de graisses au mépris de la directive-cadre ci-dessus. Et au mépris de beaucoup d’autres dispositions du droit français comme nous allons le voir.

Réchauffement climatique.

Brûler un combustible quelconque ce n’est rien d’autre que  l’oxyder.  Dans un incinérateur, le carbone des déchets se combine à l’oxygène de l’air pour donner du C02. Brûler à Béziers 15.000 tonnes/an de boues et de graisses (déchets très riches en carbone) issus du traitement des eaux usées, c’est produire annuellement des milliers de tonnes de CO2, principal gaz à effet de serre. Un crime contre le climat.

L’agglo prétend que déshydrater les boues biterroises à Agde ou les faire composter plus loin encore produit plus de CO2 que le traitement sur place par incinération. Peut-être mais pourquoi ne pas  valoriser ces boues en les compostant à Béziers ? Le compostage est techniquement si facile et financièrement si bon marché que beaucoup de ménages compostent à domicile sans aucune dépense et sans difficulté tous leurs déchets fermentescibles. Les boues et graisses biterroises actuellement incinérées pourraient donc être compostées à Béziers. L’agglo dispose à cet effet d’une plate-forme de compostage qui jouxte l’usine VALORBI et qui est disponible depuis que l’agglo a renoncé à y faire du compost.

L’incinération augmente  les transports routiers

Préfecture et MRAe ne semblent pas conscientes des dégâts provoqués par le transport routier :

1- La dégradation qu’un véhicule cause aux routes est égale à la quatrième puissance de la charge à l’essieu, ce qui signifie qu’un camion endommage la chaussée des milliers de fois plus qu’une automobile de tourisme.

2- Le camionnage, par ses hydrocarbures, ses gaz d’échappement et ses particules fines, pollue l’air mais aussi le sol et l’ eau.

3- Le transport routier blesse ou tue d’innombrables personnes.

Les déchets constituent le tiers des matériaux transportés en France (Rapport ADEME été 1997). C’est sans doute pourquoi la loi du 13/07/92 se donne pour second objectif  de « limiter les transports de déchets en distance et en volume ».

Or pour rentabiliser le gros équipement onéreux qu’est l’incinérateur biterrois, on y brûle non seulement  les boues et  graisses  de Béziers  mais aussi celles de 16 autres  communes  qu’il faut aller chercher au loin et transporter jusqu’à Béziers. De plus l’incinérateur ne peut fonctionner sans se faire livrer de très loin  les réactifs (bicarbonate, charbon actif, « urée » et chaux) qui lui sont nécessaires. Il faut aussi pendant les longs « arrêts froids » de l’usine transporter (jusqu’où?) les  boues  qu’on additionne de  chaux faute de pouvoir les brûler. Les REFIB (résidus d’épuration des fumées) sont enfouis  à Bellegarde (Gard). Quant aux cendres, si elles sont actuellement enfouies elles aussi à Bellegarde, on les a pendant une longue période transportées en Allemagne avec l’espoir de les valoriser  dans la fabrication d’un mortier « souple ».

En conclusion, par rapport à la déshydratation  sur place et au compostage dans la commune de Béziers puis à l’épandage local (notamment sur les espaces verts municipaux) l’incinération allonge et multiplie considérablement les transports routiers au mépris de la loi.

 Epuisement des ressources naturelles

Les concepts de développement durable et d’économie circulaire font désormais partie du droit français.  Ces concepts exigent tous deux le recyclage intégral de tous nos déchets et excluent l’incinération qui transforme des matières premières de plus en plus rares et précieuses  en fumées définitivement inutilisables. L’incinération contribue cyniquement à l’épuisement des ressources naturelles. La MRAe ne relève pas cette atteinte à l’environnement.

L’incinération multiplie la quantité des déchets.

Sans oxygène aucun feu n’est possible car une combustion n’est rien d’autre qu’une oxydation c-à-d une réaction chimique au cours de laquelle  un combustible quelconque se combine avec de l’oxygène pour former des oxydes. Le carbone contenu dans les déchets, en brûlant, devient de l’oxyde de carbone (CO2) le soufre devient oxyde de soufre (SOx) l’azote devient oxyde d’azote (NOx) etc. La cendre est la partie du combustible qui n’a pu s’oxyder. Certains matériaux (ferraille, cailloux, verre…) rebelles  à l’oxydation par le feu,  sortent de l’incinérateur sans avoir été altérés.

Un incinérateur, pour consommer de l’oxygène, est obligé d’employer une grande quantité d’air. L’atmosphère ne contient en effet que 21% d’oxygène. Le reste  est presque uniquement de l’azote. En d’autres termes l’atmosphère terrestre contient environ un cinquième d’oxygène et   quatre cinquièmes d’azote. Pour brûler (c-à-d pour oxyder ) entièrement une tonne de déchets ménagers (ou de boues et graisses d’assainissement ) il faut donc  arithmétiquement 4 à 5 tonnes d’air. Mais  un incinérateur qui n’emploierait que cette quantité d’air produirait beaucoup d’imbrûlés. En effet l’azote atmosphérique, au lieu de rester en dehors de la combustion, s’oxyde  lui aussi, diminuant de ce fait la  quantité d’oxygène disponible pour les déchets. Cette oxydation de l’azote atmosphérique s’observe dans toutes les combustions. Par exemple l’essence  des moteurs  d’ autos et de camions est un hydrocarbure (mélange d’hydrogène et de carbone) qui ne contient aucun azote. Et pourtant, les gaz d’échappement de ces véhicules contiennent du dioxyde d’azote (N02). C’est pourquoi les incinérateurs de déchets fonctionnent toujours avec un excès d’air d’environ 80 % par rapport à la théorie. La réglementation va même plus loin : pour calculer les taux de polluants dans les fumées d’incinération, elle se fonde sur un excès d’air de 110 %.

En pratique, un incinérateur, pour brûler une tonne de déchets, consomme environ 6 tonnes d’air. Cet air se pollue au cours de la combustion et sort par la cheminée sous forme de fumée toxique. C’ est le principal déchet de l’incinération. Puisqu’une tonne de déchets produit environ  6 tonnes de fumée, l’incinération, loin de réduire la quantité des déchets, la multiplie par 6. Mais ce n’est pas tout :

La réglementation exige que les fumées, en raison de leur toxicité,  soient traitées avant d’être évacuées par la cheminée. Pour ce traitement on utilise divers réactifs. Ainsi l’incinérateur biterrois de boues et graisses  utilise bicarbonate,  charbon actif et ammoniac  en grosses quantités.

Tous ces réactifs incorporent les polluants qu’ils retirent des fumées, deviennent donc déchets toxiques et s’ajoutent aux fumées. Au total un incinérateur, pour brûler une tonne de déchets, produit environ 7 tonnes de déchets. Or les lois sur les déchets se donnent toutes pour premier objectif de prévenir, d’éviter, de réduire la production de déchets. Parce qu’elle va à l’encontre de cet objectif légal l’incinération devrait être purement et simplement interdite.

 L’incinération aggrave la toxicité des déchets

A partir de déchets  peu ou pas toxiques, l’incinération génère d’innombrables polluants qui contaminent l’air, le sol et les eaux. La combustion est en effet une réaction chimique au cours de laquelle des molécules se décomposent pour former d’autres molécules, différentes des premières.  Les boues et graisses  d’assainissement contiennent des substances  très diverses et leur recombinaison au hasard dans un incinérateur donne naissance à des  composés chimiques très divers. Beaucoup d’entre eux sont très toxiques, comme les organochlorés et, parmi eux, les furanes et dioxines. Les dioxines sont de redoutables dérégulateurs de l’organisme. Très solubles dans les matières grasses (viande, lait, etc), chimiquement très stables et nocives même à faible dose, elles s’accumulent dans la chaîne alimentaire au sommet de laquelle se trouve l’homme. L’incinération de déchets est la principale source des dioxines qui empoisonnent notre environnement. 

L’incinérateur biterrois de boues et graisses se contente pour toute dépollution, de filtrer les poussières et les dioxines, de désacidifier les fumées et de désodoriser les rejets gazeux. En quoi cela empêche-t-il l’émission de gaz toxiques dans l’environnement?  Comment empêcher la formation de molécules nocives très variées pendant la phase de refroidissement et de condensation des gaz APRES le traitement ? Or l’arrêté préfectoral autorisant l’incinérateur biterrois ignore complètement ces recombinaisons comme il ferme les yeux sur  les effets cocktails susceptibles de se produire dans la cheminée et après expulsion dans l’atmosphère.

Sur les innombrables  molécules recensées dans les fumées d’incinérateurs, une  douzaine seulement est soumise à des limites d’émission  et à des contrôles réglementaires.

En outre la composition chimique des boues et graisses d’assainissement n’est pas analysée  avant incinération. Leur combustion équivaut donc à brûler une matière inconnue. On déclenche ainsi des réactions chimiques inattendues et incontrôlables. Les pires polluants peuvent ainsi se former et s’échapper de l’usine. L’incinérateur (aujourd’hui démoli) de Lamalou, près de Béziers et celui de Toulouse Le Mirail, à la suite de réactions chimiques imprévisibles, ont plusieurs fois explosé. Si l’incinérateur biterrois explose, c’est toute la station d’épuration voisine qui sera endommagée ou détruite. Or on vient d’y investir plus de 27 millions d’euros HT. Et pendant les travaux de reconstruction de la station d’épuration il faudra jeter à l’Orb ( unique ressource en eau potable de nombreuses communes )  sans épuration le contenu des égouts. . C’est irresponsable.

La très grande majorité des boues d’assainissement dans le département de l’Hérault et ailleurs sont épandues, avec autorisation préfectorale, sur des terres cultivées. Dans un passé récent, les boues et graisses de la station d’épuration biterroise ont été elles aussi épandues comme matière fertilisante. C’est la reconnaissance officielle qu’elles sont peu dangereuses. Mais au cours de l’ incinération ces boues et graisses produisent des REFIB (résidus d’épuration des fumées) si toxiques qu’on est contraint de les enfouir dans une  décharge pour déchets industriels spéciaux c-à-d les déchets les plus dangereux de l’industrie. On reconnaît ainsi officiellement que l’incinération fabrique des déchets très dangereux qui n’existaient pas dans les boues et graisses avant l’incinération.

Tout cela est parfaitement incompatible avec le droit en vigueur qui se donne pour premier objectif de prévenir ou réduire la quantité et la nocivité des déchets. Parce qu’ils aggravent cette nocivité, les incinérateurs devraient être interdits.

On nous objectera peut-être que nos observations ci-dessus sont purement spéculatives. Pour convaincre même les plus incrédules notre association a demandé plusieurs fois pendant les réunions de la commissions de suivi de site  et par courriers postaux adressés à la communauté d’agglomération qu’un laboratoire indépendant soit chargé de dresser la liste complète des molécules contenues dans les fumées de l’incinérateur biterrois.  Cette demande n’a été acceptée ni par la préfecture ni par la communauté d’agglomération.  Puisqu’elles  ne veulent pas savoir ce que contiennent les fumées de l’incinérateur, comment la préfecture et l’agglo peuvent-elles prétendre que ces fumées sont inoffensives ? La loi sur l’air du 30/12/96  dans son article premier reconnaît à chacun le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé. La population biterroise a donc  le droit de savoir quel air l’incinérateur  lui fait respirer. Mais ce droit ne lui est reconnu ni par l’exploitant de l’incinérateur ni par la préfecture. La MRAe n’en est pas choquée.

 Si on ne les brûle pas, que faire des boues et graisses biterroises ?

Riche en excréments et en urine, le contenu des égouts, comme le fumier des étables, a vocation à fertiliser les sols cultivés. Encore faut-il que ce fertilisant ne contienne rien de polluant pour les sols et les cultures.

L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse a publié un rapport intitulé « Qualité des boues recyclées des stations d’épuration urbaines : évolution de 2000 à 2014 ». Dans ce rapport on  lit que :

1- Au sortir des stations d’épuration les boues sont  le plus souvent valorisées comme fertilisant sur des sols cultivés .

2- 98,5%  des STEP (stations d’épuration) ont produit, en continu, des boues de qualité conforme à l’arrêté du 08/01/98.

3- 70% des collectivités ont produit …des boues de qualité suffisante …pour fabriquer du compost normé, soit d’une qualité 3 à 8 fois supérieure à l’arrêté de 1998.

Remarque de  notre association : pourquoi Béziers et sa STEP font-elles partie de la petite minorité qui produit des boues de mauvaise qualité ?

4- Entre 2.000 et 2.014 la quantité des polluants métalliques dans les boues de la zone Rhône Méditerranée Corse a beaucoup reculé : cadmium – 10%, chrome – 22%, plomb – 44, 7 %, mercure – 48%, etc.

            Remarque de  notre association : L’agglo assure qu’elle a renoncé à épandre  les boues biterroises  comme fertilisant à cause des 5 polluants qu’elles contiennent (arsenic, cadmium, plomb, nickel et mercure). Ce ne sont pas les habitations qui jettent arsenic et  métaux lourds à l’égout. Seules certaines entreprises produisent ce genre de  déchets. Pourquoi l’agglo Béziers Méditerranée, légalement chargée de la police des égouts, ne met-elle pas fin au déversement par ces entreprises de ces polluants dans le réseau d’égout ?

Nous avons découvert au contraire que l’agglo, par arrêtés et par conventions, autorise de nombreux industriels à jeter à l’égout leurs déchets liquides. Même GAZECHIM, usine chimique sise dans la zone industrielle du Capiscol  et classée Seveso seuil haut (donc officiellement très dangereuse), et même l’usine Metallic Sud Industrie (également installée au Capiscol) qui utilise des métaux lourds et en rejette dans ses déchets,  ont obtenu des autorisations de déversement à l’égout. Et cela alors que les entreprises n’ont pas le droit d’utiliser le réseau d’égout et doivent légalement traiter elles-mêmes les résidus (qu’ils soient solides, liquides ou gazeux) de leur activité industrielle.

Ainsi, parce que l’agglo permet à des industriels de polluer les égouts, les boues et l’Orb nous devrions accepter qu’en brûlant les boues  l’agglo pollue aussi l’air que nous respirons tous?

Le rapport de l’agence de l’eau  conclut que les boues recyclées dans la zone Rhône Méditerranée Corse « sont d’une qualité très satisfaisante et continuent à s’améliorer ». C’est pourquoi entre 2009 et 2014 la part des boues utilisées pour la fertilisation agricole  est passée de 56% à 63%. Pour progresser dans cette voie, l’agence de l’eau recommande de renforcer les investigations sur l’origine des pollutions observées dans les égouts et invite à orienter ces investigations  vers les activités industrielles.  Qu’attend l’agglo pour suivre ce conseil si salutaire? 

 

Un enjeu gravissime : l’eau potable

La station d’épuration biterroise chargée d’épurer le contenu des égouts  est une installation biotechnologique qui utilise des microbes.  Ces microbes  dévorent et éliminent ainsi les polluants organiques qui sont pour eux des aliments  mais n’ont  aucun appétit pour les métaux lourds et autres polluants minéraux d’origine industrielle. Ceux-ci traversent donc les installations et passent dans les boues ou dans les eaux « épurées » déversées dans le fleuve Orb. Or ce cours d’eau est la seule ressource   en eau potable de Béziers et de nombreuses autres communes . Autoriser des déversements industriels à l’égout c’est  polluer le cours d’eau qui alimente nos robinets.  Un crime contre la santé publique.

 L’iceberg des déchets

On devrait jeter à l’égout uniquement ce que les stations d’épuration sont capables de traiter. Le tout à l’égout est donc dépassé. Le tri sélectif a été généralisé  pour les ordures ménagères mais pas pour les rejets à l’égout. Or ces rejets sont beaucoup plus massifs  que les ordures ménagères. Dans l’iceberg des déchets nous ne voyons que la partie émergée (les poubelles) et ne voulons pas voir la partie immergée (les égouts).   Il faut sortir de ce périlleux aveuglement.

Robert CLAVIJO
comité biterrois du MNLE (Mouvement national de lutte pour l’environnement)




EXTENSION MODERNISATION ET INCINERATION DES BOUES DE MAERA

CONCERTATION PREALABLE DU 7 MARS 2023 À LATTES

par Jacky Chanton, citoyen de Lattes, vice-Président de l’ODAM

Avant de commencer la présentation j’ai émis quelques observations auprès du Maire de Lattes, en espérant, dans le cadre de l’intérêt général et dans l’intérêt des habitants de Lattes et de notre Commune, qu’il allait refuser ce très mauvais projet (extension/modernisation de Maera + Incinération des boues sur ce site). Sa réponse a été NON, il reste favorable ce projet.
Dans ce cas, s’i venait à être accepté, je pourrais devenir le meilleurs opposant aux décisions de Montpellier Métropole et de celles du Maire de Lattes. Il est à noter qu’une très large majorité des habitants de Lattes, mais aussi chacune des associations environnementales de Montpellier Métropole qui se sont exprimées lors de l’enquête publique sur l’extension/modernisation de la station d’épuration MAERA, ont dit NON à son extension sur ce lieu (ou elles la regrettent).
En fin de présentation et après quelques questions de l’auditoire, j’ai confirmé l’absurdité de l’extension de MAERA qui ne répond ni à l’intérêt général, ni à l’adaptation aux dérèglements climatiques.
Il est évident qu’avec le projet présenté, on prend, une fois encore, notre commune pour la « POUBELLE DE MONTPELLIER METROPOLE ». Des élus qui font chez les autres ce qu’ils n’accepteraient pas de faire sur leurs territoires !?…
À prendre en compte également que Montpellier Métropole a fait connecter des villes (même hors Métropole) à MAERA alors qu’elle avait connaissance que son bon fonctionnement était limité, qu’il y avait des retards dans son actualisation/modernisation et des problématiques techniques avec la non maitrise du pluvial en particulier pendant les périodes de pluies intenses avec des « by-pass » de pollutions directement vers le Lez par les eaux non traitées.
Moi qui ai effectué toute ma carrière professionnelle dans le privé, si j’avais pris une telle décision, j’aurais été probablement licencié.
Une fois la réunion terminée, j’ai eu, à nouveau, un bref entretien avec le Maire de Lattes. Je lui ai communiqué une autre vision globale pour l’avenir de MAERA, plus logique, plus écologique, qui répond à une adaptation aux dérèglements climatiques et à l’intérêt général. J’ai ressenti que cette vision l’interpelait, même s’il me trouvait des raisonnements d’acceptabilité défavorables ?
Quant au projet du traitement des boues sur le site de la Céreirède, je le perçois comme une indécence environnementale et un manque de respect vis-à-vis des habitants de Lattes Centre puisqu’il est possible de faire autrement, comment :

  • réduire le nombre des villes qui sont raccordées à MAERA aux villes de Montpellier et uniquement celles qui sont en aval,
  • de créer deux stations d’épurations « ou plus selon les besoins) », l’une au nord Est de Montpellier, l’autre au Nord-Ouest, et chacune avec une capacité de 50 000 EH « Équivalent Habitant », extensible à 100 000 EH avec recyclage et réutilisation des eaux recyclées, là où le besoin en eau existe afin d’alimenter les sols et recharger la nappe phréatique,
  •  de créer une plateforme centralisée (hors Lattes) pour le traitement des boues « par compostage ou valorisation thermique en fonction d’un choix « coût/bénéfice »,
  • de créer une conduite permettant un transfert direct, sans manutention, ni transport des boues des stations directement vers la plateforme de traitement.

Il était également possible de poser des questions ou transmettre des commentaires au personnel de Montpellier Métropole, Eau Assainissement. J’en ai profité pour leur communiquer ma vision et poser des questions dont je n’avais pas pu obtenir au cours de l’enquête publique sur l’extension modernisation de MAERA par les commissaires enquêteurs ni de la direction eau assainissement, à savoir : « Comment sont traitées les lixiviats du THÔT (ancienne décharge de déchets ménagers à ciel ouvert) ainsi que les traitements des perméats qui sont acheminés par camions citernes à MAERA après les pré-traitements des lixiviats qui sont effectués à l’ISDND de Castries ? par ailleurs, est-ce qu’une recherche de polluants est effectuée sur les perméats avant l’envoie ou à la réception à MAERA ?. Mais aussi, existe-t-il des recherches ou un pré-traitement des PFAS (polluants éternels, très dangereux pour la santé humaine et dont les sites de la Mosson et du Lez y sont parmi des cinq les plus élevés de l’hérault) ?

DIAPORAMA : vues de la conférence-ateliers




Incinération ou méthanisation ?

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Incinération

Un incinérateur peut recevoir des ordures en vrac, non-trièes. La combustion est meilleure si les déchets ne sont pas triés et épurés de tout ce qui peut être recyclé, récupéré et réutilisé (matière organique, plastiques, papiers-cartons, …). Ceci ne justifie nullement les graves inconvénient de ce type de traitement que nous qualifions toujours d’abomination, d’aberration environnementale anti-écologique et anti-économique. Il faut du combustible (fuel) pour faire brûler des matiéres incombustibles à PCI nul ou faible).

Méthanisation

Un méthaniseur ne fonctionne bien que si la matière organique est épurée, au contraire, de tout ce qui est non-fermentescible. Pour le bon fonctionnement du système, meilleur est le tri avant méthanisation, meilleurs sont les composts en sortie d’usine. Méthaniser des ordures non ou mal trièes entraîne :

  • un fonctionnement dificile à contrôler du processus de méthanisation et même son arrêt spontané,
  • des composts toxiques et inutilsables en agriculture, nécessitant des décharges de classe 3 pour stockage.

Le tri mécanobiologique des poubelles grises mal triées est présenté, d’abord comme une précaution, ensuite comme un plus qualitatif d’une telle usine qui permet d’extraire de la masse des déchets :

  • la matière organique à méthaniser-composter (FFOM),
  • des plastiques (films, sacs, bouteiller diverses),
  • des métaux ferreux ou non-ferreux,
  • des piles et batteries contenant des produits toxiques,
  • des gravats inertes en sortie.

Ce tableau idyllique l’est moins quand on considère que les composants ci-dessus sont irrémédiablement souillés par un contact de plusieurs jours avec les matières organiques qui commencent à «travailler» dans les poubelles, les bennes à ordures et les halls de réception. Des déchets toxiques commes les piles peuvent être écrasés et leur contenu électrolytique s’ajoute aux jus des matières organiques en fermentation. Les plastiques, les métaux et les gravats sont souillés irrémédiablement et corrodés !

Il ne faut pas imaginer qu’une telle usine, tout comme un incinérateur, dispense du tri en amont, chez le citoyen. Pourtant, les divers décideurs et homme politiques opposent des motifs «sociologiques». Ils expliquent avec beaucoup d’embarras que le tri est difficile à inculquer à des gens du Sud, par nature sales et peu disciplinés. Ce discours est inadmissible. Nos voisins du sud, en Catalogne et plus particulièrement à Barcelone, ont mené à bien la construction de 3 usines de traitement intégral d’ordures ménagères aujourd’hui opérationnelles (des «Ecoparcs)», mis en place un système original de transport d’ordures ménagères par pipelines urbains et lancé une politique municipale de contrats avec les acteurs sociaux de leurs agglomérations.

Le mouvement des « Ecologistas en accion » est très actif et très motivé en Epagne, ce qui explique bien des choses.

La mise en oeuvre de ce type de processus à Montpellier (203.000 tonnes/an dont 100.000 tonnes/an à méthaniser après TMB), implanté de surcroît dans une zone urbaine, relève d’une expérimentation industrielle menée aux frais du contribuable montpelliérain. Nous avons déjà écrit sur notre site, ce qui suit et qui n’a rien perdu de son actualité.

C’est une unité de traitement de 170.000 tonnes/an qui a été votée le 15 juin dernier en tranche ferme. Elle a été attribuée à la société Vinci-Environnement qui annonce sur son site Internet 203.000 tonnes. Nous n’avons pas trouvé de références d’usine d’une telle capacité, les plus grosses connues et opérationnelles ne dépassent pas 100.000 tonnes/an. Kompogaz n’a jamais équipé d’usines de plus de 50.000 tonnes/an. Montpellier-Garosud va servir de terrain d’expérience et de mise au point à Vinci et Kompogaz ! .

Que vont nous coûter les expérimentations en suppléments et rallonges budgétaires ?»

N.B. : le 23 septembre 2013, la gazette des communes publie une enquête sur la laborieuse mise en route de l’usine Ametyst qui nous conforte dans notre conviction : nous avons financé une usine expérimentale et nous avons payé très cher !

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Le compostage : qu’est-ce que c’est ?

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Info

Nous empruntons à l’Association France-Nature-Environnement les définitions et le savoir-faire. «Le compostage est un processus de transformation des déchets organiques (déchets de cuisine, déchets verts et de bois) par des champignons microscopiques, vers de terre, crustacés (cloportes), …, en un produit comparable au terreau : le compost. Le compost est un amendement organique naturel à utiliser directement dans son jardin.» Le compostage individuel est facilité par la distribution «gratuite» de composteurs individuels, sur tout le territoire de l’Agglomération de Montpellier. Il faut s’adresser aux Maisons de l’Agglomération.

A côté des systèmes de compostage individuels, il existe des systèmes semi-industriels ou industriels traitant des volumes importants. Il existe à Montpellier une plate-forme de compostage de déchets verts de jardins (Grammont) qui fonctionne à la satisfaction de ses usagers. Tout résident de l’Agglomération peut aller y retirer du compost pour son usage personnel, à condition de produire son Pass-Agglo.

NB. : Cette plateforme semble avoir disparu en 2012, les déchets verts étant, semble-t-il, utilisés par l’usine de traitement d’ordures ménagères « Ametyst » pour structurer le futur stabilisat issus de la ligne de traitement des déchets résiduels (OMR, poubelle grise), avant injection dans les méthaniseurs. Il faut donc parler au passé.

28/01/2022 : Montpellier-Métropole inaugure un composteur collectif avec un nouveau paradigme, en présence de M François Vasquez.

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La méthanisation : qu’est-ce que c’est ?

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Info

Nous empruntons à l’Encyclopédie Wikipedia, accessible sur Internet.

La méthanisation, ou digestion anaérobie, est le processus naturel biologique de dégradation de la Matière organique  en absence d’oxygène. Il se retrouve dans les sédiments, les marais, les rizières, ainsi que dans le tractus digestif de certains animaux (termites, ruminants,…). La matière organique dégradée se retrouve principalement sous la forme de biogaz (à plus de 90%). Le reste est utilisé pour la croissance et la maintenance des micro-organismes.

CH4, méthane : structure

L’adaptation industrielle de ce processus au traitement des ordures ménagères commence à se généraliser dans le monde. La France a été le premier pays à se lancer dans la méthanisation des déchets ménagers en 1988 à Amiens, et compte depuis 2002 une unité supplémentaire à Varennes-Jarcy (Essonne). Un à deux projets devraient se concrétiser en Seine Saint Denis. Un projet se concrétise en ce moment à Montpellier dans des conditions très contestables<> que nous allons voir plus en détail dans un autre article.

La bonne méthanisation pour les déchets ménagers est celle des biodéchets (matière organique putrescible des épluchures et des restes de repas) triée à la source, dans un conteneur spécial, séparée des autres déchets. Le tri citoyen à la source est la seule solution d’avenir qui permet soit le compostage, soit la méthanisation de biodéchets. Cette méthanisation se fait en ajoutant des déchets verts, des fumiers et lisiers provenant de la biomasse agricole. On recueille le biogaz pour le valoriser et le digestat, après méthanisation, est transformé en compost.

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Le Lanceur d’alerte

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